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Établir le ton et l’atmosphère via le Plan Général

Les prises de vue doivent être subtiles, non seulement pour communiquer l’emplacement dans le temps et l’espace, mais aussi pour donner le ton à l’histoire sur le point de se dérouler. Chaque valeur de plan est unique. Il est important pour un cinéaste d’apprendre leurs spécificités et comment elles influent sur la narrations.

Comment les plans général ont-ils évolué et que peuvent-ils apporter pour la narration de votre film? Nous allons y jeter un coup d’oeil.

Les premières prises de vue dans des films muets n’étaient qu’une silhouette d’une ville avec son nom. Citizen Kane (1941) d’Orsen Wells, à l’origine de nombreuses conventions du cinéma moderne, a ajouté des images en direct de singes devant son château peint.

Image via Citizen Kane.

À mesure que le film évoluait, chaque génération de cinéastes a repoussé les limites et un langage visuel est apparu pour situer le public le plus astucieusement possible dans le monde du film sans communiquer plus d’informations que le public ne peut en assimiler.

Un paysage urbain dense ou une prise de vue large architecturale peuvent être déconcertants s’ils apparaissent via un simple cut – l’œil ne sait pas où regarder. Un dispositif est apparu dans les années 70 et 80 en vertu duquel une caméra pouvait basculer vers le haut ou vers le bas, révélant lentement la ville ou le bâtiment, ce qui modifiait la manière dont les cinéastes pouvaient introduire leurs plans.

C’est devenu une figure de style – un hélicoptère survole l’eau, ne montrant que des reflets au début du générique, puis s’incline lentement pour révéler les lumières d’une ville. Ceci est devenu un trope pour une raison. Cela donne à nos yeux le temps de s’ajuster et d’anticiper la prochaine perspective. Cela nous permet d’arriver dans le monde de l’histoire.

Certains films passent au niveau supérieur en filmant jusqu’à un bâtiment spécifique (ou une fenêtre) de la ville, puis en se rendant à ce bureau. Dark Knight de Christopher Nolan s’introduit sur les toits de Gotham, et plus tard de Hong Kong, pour trouver le Chevalier noir lui-même en train de surveiller la ville.

Ces plans fonctionnent en liant différents éléments, nous introduisant lentement à la manière dont ils sont liés. Scarface (1983) de Brian DePalma propose des plans très élégants, notamment lorsque Tony rend visite à sa mère pour la première fois en Amérique. Il commence sur un ciel rose néon, ponctué de tours industrielles. Une Cadillac blanche brillante pénètre dans le cadre. La caméra baisse, révélant une maison petite mais bien entretenue, alors que la voiture s’arrête et que Tony descend.

Image via Scarface (Universal).

En dix secondes à peine, nous comprenons qu’un fils criminel rende visite à sa mère pauvre, mais néanmoins remarquable. Chaque élément est introduit à tour de rôle et nous établissons les connexions telles qu’elles apparaissent. C’est un film extrêmement astucieux et élégant, encore plus surprenant puisque seulement vingt minutes auparavant – dans le même film – nous regardions un type en train de se faire démembrer avec une tronçonneuse.

Les meilleurs Plans Général établissent non seulement où nous sommes, mais ils relient les personnages à l’emplacement d’une manière qui nous permet d’envisager ces relations.

Image via Skyfall.

Considérez ses deux plans: l’un de Tradings Places, l’autre de Skyfall. L’un commence une scène, l’autre termine une scène. Trading Places nous montre la ville dans laquelle nous nous trouvons, alors qu’une voiture s’arrête pour révéler nos personnages et entamer le dialogue. Dans Skyfall, la scène se développe après une conversation entre nos personnages et leur parcours: la caméra se soulève alors que la voiture laisse place à une allée, révélant le nom du film et le cadre du dernier acte.

Les deux plans révèlent des éléments lentement, créant une atmosphère d’une façon qu’un simple cut n’aurait pu faire. Les Plans Général fonctionnent mieux lorsqu’ils ne sont pas des prises de vues autonomes, mais plutôt une séquence d’images liées en une seule prise, libérant des informations essentielles à un rythme que le public peut suivre.

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